Couverture de La confusion des sentimentsTitre original : Verwirrung der Gefühle
Date de la première publication : 1927
Édition lue : Édition Ebooks libres et gratuits, ePub, 2014

Genre : Nouvelle, classique

Poids : 97 KB

A conseiller : à ceux qui aiment les romans psychologiques qui analysent la perception des personnages, à ceux qui aiment l’époque et le théâtre de Shakespeare et à ceux qui veulent un récit tout en douceur.

Public : jeune adulte et adulte

Synopsis : Suite à la réception d’un ouvrage célébrant sa brillante carrière, un vieux professeur se remémore sa jeunesse et le mentor qui lui a donné envie d’étudier la philologie. Après un semestre dissolu à Berlin, Roland, notre professeur, s’inscrit dans une université pus calme, à la campagne et loin de toutes tentations.

Il arrive donc dans cette ville universitaire du haut de ses 19 ans avec la volonté d’oublier son passé. Et dès le premier jour, il tombe en admiration devant le discours vivant de celui que va devenir son professeur. Commence alors le début d’une passion intellectuelle qui va emmener le narrateur dans un tourbillon de sentiments.

 

Raison de ce choix : Stefan Zweig est un auteur que j’ai déjà lu auparavant (« Le joueur d’échec », « Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme »…). J’apprécie plus particulièrement sa capacité à analyser et à retranscrire les sentiments humains.

 

Avis : L’histoire se déroule tout en douceur : on se sent comme dans un cocon et on se laisse guider. Il est vrai qu’il n’y a pas beaucoup d’action et l’auteur prend le temps de décrire les sentiments qui anime Roland, le personnage principal. Ces descriptions peuvent paraître longues pour certains lecteurs qui aimeraient avancer dans l’histoire mais cela n’a pas été dérangeant pour moi qui souhaitais avant tout m’imprégner de l’ambiance du livre.

L’ensemble m’a semblé très juste. Les sentiments du narrateur vis-à-vis de son père ou de son professeur peuvent sembler extrêmes mais leur analyse est bonne : ils sont motivés par sa jeunesse et sa fougue. On se retrouve donc embarqué dans ce bouillonnement incessant qui donne parfois le tournis mais qui nous permet de comprendre ses motivations et ses réactions.

Après avoir compris que l’impulsivité de Roland est mue par une volonté farouche de vivre, l’intrigue se tourne vite sur le « secret » de son professeur. C’est ce secret qui doit expliquer l’étrangeté de ses comportements, pourquoi disparait-il des journées sans donner d’explication ?, et de sa vie maritale. J’avoue que j’ai deviné assez tard ce que pouvait être ce secret, en réalité j’étais à la même place que Roland qui est perdu devant les réactions de son professeur. Mais une fois qu’on a compris de quoi il en retournait, on attend le dénouement avec impatience mais aussi avec une certaine gravité.

Je conclurais enfin sur le sujet même de ce livre en essayant de ne rien dire qui pourrait vous gâcher la lecture (mais c’est dur !). Pour l’époque, le livre est sorti en 1927, le sujet était sûrement novateur. Cependant, il est traité subtilement sans jugement de valeur ce qui laisse le lecteur se faire seul juge dans cette histoire.

 

Finalement : Stefan Zweig montre encore une fois qu’il est un grand maître de l’analyse et de la transcription des sentiments. Outre la plume de l’auteur, c’est le thème abordé par cette nouvelle qui est intéressant et bien traité tout en retenue et en douceur.

Mon impression : Intéressant

Note : 15

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Aimez-vous Stefan Zweig ?

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