Couverte Les Kerns de l'oubli, tome 1 L'exil
Illustration Alexandre Dainche

Date de la première publication : 2011

Édition lue : Éditions l’Homme Sans Nom, 2013

Genre : Fantasy

Nombre de pages : 402 pages

 

A conseiller : à ceux qui aiment les romans à plusieurs voix, à ceux qui veulent être immergés immédiatement dans un univers inconnu sans trop de repère et à ceux qui souhaitent une mythologie particulière.

Public : jeune adulte et adulte

 

Synopsis : La superbe cité d’Almenarc’h est menacée. Menacée de l’extérieur par le royaume de Saham, royaume maudit que la ligué du Nord avait déjà combattu au cours de la Grande Guerre, il y a 60 ans. Mais aussi menacée de l’intérieur par un roi sous la coupe de son conseiller qui ne sert que ses propres intérêts. Cependant, ces évènements pourraient avoir un retentissement bien plus grand qu’on ne pourrait le penser.

Nous suivons le destin de plusieurs personnages qui sont unis dans la marche du monde. Roch, le Grand Gardien de la Cité qui ne comprend pas pourquoi son fils, Erkan, a été exilé. Alkar, roi d’Almenarc’h, jaloux de Roch qui aurait pu devenir roi à sa place. Siham, mère d’Erkan, aveugle voit des évènements qu’elle n’a pas vécus. Telleran , sage-guerrier, qui essaye de comprendre le changement de ce monde. Erkan qui a oublié qui il était mais qui semble être au centre d’une prophétie qui le dépasse. Voici quelques uns des personnages qui nous entraînent dans l’univers des Kerns.

 

Raison de ce choix : C’est une amie qui m’a conseillée de m’approcher du stand de l’Homme Sans Nom aux Imaginales. Elle m’avait indiqué plus particulièrement cet auteur atypique. Lors de notre conversation, il m’avait convaincu de me lancer aussi dans l’aventure.

 

Avis : Le premier élément à souligner est le changement de point de vue tout au long du roman. C’est un parti-pris qui, je trouve, a été très bien réussi avec une mise en situation à la première personne du singulier (je) qui nous plonge directement dans l’esprit du personnage. D’autant, que l’auteur a mis en place un style de pensées et une façon de parler propres à chaque personnage. Donc, même si le nom du personnage que l’on va suivre est indiqué en en-tête de chapitre, on le reconnait facilement.

L’ensemble obtenu fonctionne donc très bien car il permet de comprendre presque tous les aspects de l’histoire. Cependant, certains passages sont inutiles et ajoutent des longueurs à l’ensemble. Par exemple, j’ai beaucoup aimé Ulnhor qui avait des réactions teintées d’humour. Mais ses interventions sont vite devenues lourdes et j’ai eu l’impression que ce personnage était devenu une caricature (ressemblant fortement au capitaine Haddock).

Un des aspects intéressants de ce roman est d’intégrer deux dimensions. L’histoire que l’on devine d’ampleur concerne les Hommes mais aussi les Dieux. La cosmogonie est, somme toute, classique avec une rivalité fraternelle. Cette dernière n’est peut-être pas aussi simple qu’il n’y paraît. J’ai senti que le bien et le mal ne s’affrontait pas forcément : ne sachant de quel côté me plaçait, je me suis laissée portée par le texte qui n’a pas répondu à mes interrogations et j’ai hâte d’avoir certaines réponses.

Mes déceptions sont à chercher dans la fin du récit. Les choses vont s’accélérer et j’ai ressenti un manque d’informations de la part de l’auteur notamment dans les descriptions. Non pas qu’elles soient inexistantes, mais j’ai eu, quelque fois, du mal à me projeter dans ce monde. J’ai eu l’impression aussi que les distances étaient longues dans un sens mais beaucoup plus courtes dans l’autre : je ne sais pas si j’ai mal compris ma lecture, mais je me suis sentie gênée. Sur la fin, j’ai aussi eu du mal à me repérer dans le temps.

De même, j’ai été embarrassée par le personnage d’Awana, qui agit comme un deus ex machina. On ne sait pas trop qui elle est : déesse et femme en même temps, elle sait tout et peut tout faire. Elle manipule ainsi les autres personnages qui n’ont plu vraiment de volonté propre mais qui répondent aux ordres d’Awana. C’est le principe du destin me direz-vous, mais que tout ce qui se passe, ou presque, soit la volonté d’un seul personnage gâche un peu l’histoire : j’ai eu l’impression que les personnages n’avaient pas de vie propre.

 

Finalement : Un premier tome prometteur qui nous plonge dans un univers riche. L’alternance des points de vue donnent une dimension intéressante à l’ensemble. Je lirai la suite avec plaisir.

Mon impression : Intéressant

Note : 13

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

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