Couverture Ravage de René BarjavelDate de la première publication : 1943

Édition lue : Folio (plus), 1996

Genre : Science-fiction

Nombre de pages : 362 pages

A conseiller : à ceux qui veulent découvrir un classique de la science-fiction, à ceux qui n’ont pas peur des pensées un peu dépassées de l’époque et à ceux qui veulent s’interroger sur la technologie, la science et leur place dans notre monde.

Public : jeune adulte et adulte.

Synopsis : Nous sommes en 2052 et l’électricité est devenue indispensable aux Français. L’agriculture tend à disparaître devant les avancés magnifiques du Progrès. Cependant, à Paris, François, étudiant en chimie agricole, rêve de retrouver le petit village qui l’a vu naître et pourquoi pas épouser Blanche qui a aussi été envoyée par ses parents à la capitale pour faire des études. Mais, une carrière de chanteuse s’ouvre à elle et elle délaisse son ami d’enfance… jusqu’à une incroyable panne électrique qui va plonger tout le pays dans le chaos.

Raison de ce choix : Comme pour « Black-Out« , j’apprécie les histoires apocalyptique avec ce goût de « Comment ferions-nous si… ? ». René Barjavel est un grand auteur français et « Ravage » est un classique à lire.

Avis : J’ai aimé le thème traité par l’auteur mais malheureusement, j’ai eu plus de mal sur certains partis-pris notamment concernant la place de la femme (mais surtout les arguments qui sont machistes). Même s’il faut replacer le livre dans son contexte, il a été écrit en 1943, je ne suis pas vraiment arrivée à en faire abstraction et j’ai été déçue au fur et à mesure de l’avancement de l’intrigue.

Au début, j’ai apprécié les descriptions de cette nouvelle civilisation (bien que certains aspects nous semblent dépassés) et je trouve que Barjavel a des talents de conteur qui permettent réellement de s’imprégner de cette évolution. Je ne me suis toutefois pas sentie proche des personnages, mais je pense que ce n’est pas le but de cette histoire. J’ai trouvé François très froid, presque insensible à ce qui arrive autour de lui et très calculateur (et son histoire d’amour n’arrange pas cette sensation). Concernant Blanche, elle « disparait » assez vite après la coupure d’électricité. Les autres personnages n’ont pas le temps d’être développés ou ont un rôle vraiment secondaire qui ne permet pas de vraiment s’y attacher. En réalité, et pour moi, c’est l’histoire qui prime donc le manque d’empathie ou de profondeur des personnages ne m’a pas vraiment gênée.

Ceci dit et si la violence de l’être humain ne vous fait pas peur, c’est un très bon roman apocalyptique et post-apocalyptique (puisqu’on a une vision sur l’après catastrophe). Tout d’abord parce qu’il est réaliste ; je pense sincèrement que si on voyait l’effondrement de notre mode de vie, la majorité des personnes seraient soit incapables de survivre, soit deviendraient violentes pour préserver leur bien et survivre. Je ne suis pas fan de la violence surtout lorsqu’elle est crue est gratuite. Mais dans ce contexte cela ne m’a pas dérangé. Je ne garde pas un réel souvenir de ces scènes et je serais bien incapable de vous en donner un exemple. Je garde seulement en mémoire une scène dans un hôpital psychiatrique qui m’a fait peur lors de ma lecture mais qui s’est révélé complètement loufoque.

Barjavel propose une vision du monde et pose des questions bien spécifiques sur la technologie et l’Homme. Cependant, les réponses qu’il y apporte m’a quelque peu fait tiquer, notamment le rapport qu’il a à la science qui est à l’opposé de mes convictions. Même si je ne suis pas d’accord avec lui, je ne peux qu’être sensible aux arguments qu’il avance et cela a nourri quand même ma réflexion. Mais la morale est trop pessimiste et régressive pour moi. J’ai aussi trouvé un peu dommage qu’on ne sache pas le fin mot de l’histoire, le pourquoi du comment même si on peut établir des conjectures.

Finalement : C’est un roman qui peut comporter certains défauts (pour moi la place de la femme trop mineure même pour l’époque d’écriture). Cependant, les questions posées et les vues de l’auteur méritent amplement la lecture de ce livre.

Mon impression : Intéressant

Note : 14

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

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