Couverture Orignes, tome 1 : Le Château des Millions d’Années de Stéphane Przybylski

Date de la première publication : 2015

Édition lue : Editions Le Belial’, 2015

Genre : Science-fiction, historique

Nombre de pages : 361 pages

A conseiller : à ceux qui aiment les complots, à ceux qui ont une petite connaissance de Seconde Guerre mondiale et à ceux qui n’ont pas peur de faire des allers-retours dans le temps.

Public : Adulte

Synopsis : En 1939, l’officier SS Friedrich Saxhäuser prend la tête d’une expédition archéologique en Irak. Sous le couvert de ces recherches, il doit s’approcher des populations locales qui souhaitent s’affranchir des autorités britanniques.

Mais depuis quelques temps, il se sent suivi sans qu’il puisse dire par qui et pourquoi. En outre, il est de moins en moins sûr que les idées de son parti soient les siennes. Une découverte sans aucune mesure pourrait tout remettre en question

Raison de ce choix : JJe suis une grande fan d’Indiana Jones et lorsque l’auteur avait parlé de son livre lors d’une table ronde des Imaginales 2016 sur l’uchronie, j’ai eu envie de tenter l’aventure. Cependant, la Seconde Guerre mondiale n’est pas ma période de prédilection : en réalité, je fuis comme je peux tous les livres qui ont un thème qui s’approche de près ou de loin au nazisme. Mais l’auteur m’ayant convaincu que ce n’était pas nécessairement le sujet principal du livre, je me suis laissée tenter

Avis : Je trouve qu’il est toujours délicat de chroniquer un livre que l’on n’a pas aimé mais qui possède des qualités. En fait, je n’ai vraiment pas aimé le contexte de la fin des années 30, mais je le savais déjà un peu avant d’ouvrir le livre. En plus, n’aimant pas particulièrement cette période historique, je n’avais pas assez de connaissances pour comprendre les tenants et les aboutissants du scénario proposé par Stéphane Przybylski. D’autant que de l’uchronie point dans ce tome. Ceci dit, je peux maintenant parler un peu plus de l’intrigue et de la construction du roman.

La caractéristique de ce roman c’est le mélange des époques. L’auteur nous amène dans une histoire principale qu’il agrémente de retour en arrière, et quelques fois de bonds dans le futur. Autant vous dire qu’il faut avoir une bonne mémoire pour remettre les choses dans l’ordre, les retours en arrière n’étant pas nécessairement chronologique. Cela m’a gêné à certains points de la lecture et je suis revenue quelques fois en arrière pour bien tout comprendre.

C’est changement d’époque contribue à rendre le roman dynamique sans trop de temps morts. On est en plein dans l’aventure et souvent, j’aurai aimé pouvoir souffler un peu et avoir le temps de bien raccrocher les wagons entre eux. Ce n’est pas tant que l’arrière-plan historique qui est trop dense mais plutôt l’éparpillement des informations qui doivent nécessairement former un tout qu’on ne fait qu’entrevoir.

Concernant l’aspect historique, l’auteur maîtrise son sujet et l’histoire s’imbrique parfaitement au contexte historique. Mais, il me manque un petit peu de « leçons historiques ». Nous sommes d’accord qu’un bon roman historique doit permettre de « s’instruire » sans s’en rendre compte ; mais lorsque, comme dans ce roman, l’auteur développe une toile très grande dont les ramifications sont importantes, connaître un peu mieux le contexte ne peut être qu’un plus pour le lecteur. La difficulté vient probablement du fait que les scènes nous sont racontées de l’intérieur ; c’est donc plus délicat de donner ces informations. Toutefois, à la fin du roman, nous avons une chronologie, un petit lexique et des cartes.

Même si on est dans l’aventure pure avec des chapitres denses sans trop de descriptions, j’ai trouvé paradoxalement le temps long. Je pense que c’est à cause à la fois des trop nombreux allers-retours entre passé, présent et futur ; en outre, l’auteur fait même des retours en arrière concernant l’intrigue principale. C’est frustrant de ne pas avoir, au moins pour cette dernière, une narration linéaire.

Concernant les personnages, on ne peut pas dire qu’on s’attache à eux, simplement parce que l’auteur ne fait qu’effleurer leur caractère, sauf pour le personnage principal Friedrich Saxhäuser. C’est à travers lui qu’on vit l’histoire et on le suit dans son ascension au sein de le parti nazi. L’auteur en dresse un portrait qui n’est ni tout noir, ni tout blanc : il nous montre les choix, les envies, les désillusions… d’un homme qui doit vivre dans son époque et qui doit décider ce qui est le meilleur pour lui.

Finalement : Un livre très bien documenté avec une histoire qui pourrait me plaire. L’ensemble est bien construit et le style assez plaisant. Mais, je n’aime pas le contexte du nazisme trop marqué pour moi et je trouve qu’il faut une connaissance assez solide de l’époque pour bien comprendre le contexte.

Mon impression : Pas pour moi

Note : 12

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous envie de vous lancer dans l’aventure ?

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