Couverture L’orangeraie de Larry Tremblay

Date de la première publication : 2013

Édition lue : Editions Folio, 2016.

Genre : Contemporaine, drame.

Pages : 153 pages

A conseiller : à ceux qui veulent réfléchir sur un sujet difficile, à ceux qui n’ont pas peur des fins abruptes et bizarres et à ceux qui veulent un roman sur la famille, l’amour et la fratrie.

Public : jeune adulte et adulte.

Synopsis : Amed et Aziz sont jumeaux. Ils vivent avec leurs parents dans une orangeraie que leur grand-père a plantée. Mais un jour, la guerre arrive et avec elle, son lot de souffrances et d’injustices. Un chef de la région vient demander à leur père de se sacrifier : l’un des garçons va devoir agir pour le bien de tous. Mais comment choisir ?

Raison de ce choix : J’ai reçu ce livre dans le cadre d’une livraison de Livre-moi (envoi littéraire qui n’existe plus mais j’en parle ici ou ). Si on ne me l’avait pas envoyé, autant vous dire tout de suite que je n’aurais pas choisi ce type de roman. Je lis très peu de contemporaine, et lorsque c’est le cas il s’agit plus généralement de romance. Donc, c’est vraiment un choix à double tranchant.

Avis : Ce roman très court (moins de 200 pages) est pourtant très dense. Il traite du thème difficile de la guerre et du sacrifice des enfants, et des innocents plus largement, pour ne pas seulement défendre son pays mais plutôt pour se venger, par haine de l’autre. Larry Tremblay ne prend pas directement position (sauf dans la dernière partie du livre mais je vais en reparler) : il laisse les lecteurs avec leurs émotions.

Le point fort de ce livre est sûrement ces descriptions qui rendent à la fois le livre « hors du temps » comme déconnecté de la réalité mais qui sont justes et nous amènent à réfléchir. Nous ne savons pas où se situe l’orangeraie et cela accentue l’impression que ce lieu familial est une sorte de refuge où rien en pourrait arriver… mais la réalité vient frapper de plein fouet ce paradis.

Les émotions sont présentes tout au long de ce livre mais l’auteur n’en fait pas un mélodrame pour autant. Il se contente de faits et de nous donner les pensées intimes de ses personnages de manière subtile. Le rythme est rapide avec des phrases presque hachées tellement elles sont courtes et vont à l’essentiel. Il faut aimer et s’y faire. Toutefois, il s’en dégage une certaine poésie accentuée par un manque de repère géographique.

Le roman est découpé en 3 parties. Les deux premières se suivent, ne sont pas nécessairement à distinguer mais on une valeur particulière à la lecture. La troisième par contre est en total contradiction avec les deux premières. On change de lieu, d’ambiance, de personnages (ou presque)… Sans risquer de vous révéler une partie de l’intrigue, je pense que l’auteur a voulu confronter un occidental à une guerre qui se passe loin. Nous avons la version du côté de cette famille, il voulait sûrement une version de l’autre côté.

Cependant, cette troisième partie ne fonctionne pas du tout pour moi. J’ai trouvé qu’elle cassait un peu l’ambiance et le rythme impulsé par l’auteur dans la majeure partie de son livre. Je me suis retrouvée un peu perdue, ne sachant pas trop où l’auteur voulait en venir, ni le message qu’il voulait nous faire passer (enfin, je ne suis pas sûre de l’avoir bien compris). Mais, pour les deux premières parties, ce livre vaut le coup d’être lu.

Finalement : Un court roman qui parle d’un thème difficile voire tabou avec beaucoup d’émotion. Le destin de ces jumeaux questionne et livre un message d’espoir tout de même. On se retrouve à côté de cette famille qui ne souhaite que rester unie et en paix mais qui va devoir faire un choix cruel. Malheureusement la fin m’a un peu gâché le reste, j’avoue n’avoir pas compris…

Mon impression : Passionnant

Note : 14

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous envie de le lire ?

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